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Production

217 JOURS DE TOURNAGE…ET D’ORGANISATION !

Il aura fallu près de trois ans à Yann Arthus-Bertrand et ses équipes pour réaliser un film qui marque l’aboutissement de plus de trente ans de travail et d’engagement pour la planète.

LE LANCEMENT DU FILM

Quand il a l’idée de ce film en 2006, Yann Arthus-Bertrand contacte le producteur Denis Carot (Elzévir Films), qui croit immédiatement au projet… malgré l’incroyable idée de son réalisateur : que le film soit gratuit ! S’impose donc très vite la nécessité de sortir du schéma classique d’exploitation, et de trouver un sponsor susceptible de financer le film. Deuxième impératif : s’associer à un distributeur international, capable de soutenir la vocation mondiale du long métrage. « Quand le projet a commencé à être connu dans le milieu », se rappelle Denis Carot, « tous les distributeurs de la place nous ont appelés- ce qui est assez rare pour une société de production indépendante comme la nôtre - y compris les représentants des structures américaines. Mais tous bloquaient au moment où nous abordions la question de la gratuité du film. C’est finalement Luc Besson, avec EuropaCorp, qui a cru au projet, et qui a trouvé PPR pour financer le film ». Le planning de tournage peut alors se monter : il comptera, au bout de l’aventure, 54 pays, 217 jours de prises de vue et 488 heures de rushes !

Profitant des nombreux repérages qu’il a déjà effectués pour les besoins de ses livres (notamment le best-seller La Terre vue du ciel, vendu à 3 millions d’exemplaires, dont plus de la moitié à l’étranger) et de ses émissions (Vu du ciel sur France 2), Yann Arthus-Bertrand s’entoure des conseillers techniques et éditoriaux avec lesquels il a l’habitude de travailler. Parmi eux, Isabelle Delannoy, qui co-écrira le scénario du film, et Dorothée Martin, journaliste et collaboratrice sur Vu du ciel, qui devient la première assistante réalisatrice du projet. À ses côtés, un directeur de production (Jean de Trégomain) et un régisseur général (Claude Canaple), chargés d’organiser l’incroyable planning d’un film qui a vu trois équipes de tournage filmer pendant vingt et un mois en simultané aux quatre coins du monde !

Comme le résume Dorothée Martin : « cela peut paraître très simple de faire le tour du monde en hélico, mais en réalité, chaque mission, chaque tournage nous a demandé un travail énorme ».

LES EQUIPES TECHNIQUES

Fort de son expérience des images aériennes (notamment sur Le Peuple migrateur), Jean de Trégomain considérait chacune des missions comme « un film à part entière, doublé d’une chasse au trésor pour trouver le bon contact sur place, le bon hélicoptère et le bon pilote ».

En dehors des repérages, le gros de l’organisation se préparait donc depuis Paris, pour fournir une feuille de route précise aux équipes sur place. Côté technique, ces dernières se composaient, dans l’hélicoptère, du réalisateur ou de l’un de ses assistants, d’un caméraman Cineflex et d’un ingénieur vision. Car le tournage d’images aériennes implique de nombreuses contraintes techniques, à commencer par l’utilisation d’une caméra bien spécifique : la Cineflex, caméra HD gyrostabilisée qui permet, comme son nom l’indique, de régler les problèmes de stabilité, mais aussi de gommer les vibrations, pour un résultat similaire à celui obtenu par un mouvement de grue. Cette caméra – à l’origine développée par l’armée pour l’assistance au tir, et donc capable de zoomer très loin – était aussi synonyme d’autonomie, puisque ses K7 pouvaient être changées à bord de l’hélicoptère. En tout, 120 kilos de matériel tout de même, à installer dans un espace très réduit.

Parmi les cameramen recrutés pour le tournage de Home, Tanguy Thuaud comptait déjà 12 ans d’expérience de prises de vue aériennes, et plusieurs vols avec Yann Arthus-Bertrand pour l’émission Vu du Ciel. Lui aussi insiste sur l’adaptation constante qu’ont nécessitées ces prises de vue : « nous ne pouvions pas forcément choisir les hélicoptères, pas plus que les pilotes, alors qu’en images aériennes, 60 % du résultat obtenu dépend de la capacité du pilote à maîtriser sa machine, mais aussi de la puissance de cette dernière ». Sans compter les problèmes de matériel, de météo ou de communication avec le réalisateur : « comme Yann prenait des photos en même temps que nous tournions, il lui est arrivé, pour les premières missions, de nous montrer le résultat sur son appareil pour nous faire comprendre le cadre qu’il souhaitait ».

Sur chaque mission, le caméraman travaillait en tandem avec un ingénieur vision : Stéphane Azouze, l’un d’eux, insiste de son côté sur l’incroyable rendu offert par la caméra Cineflex, qu’il était notamment chargé d’acheminer et de vérifier, avant de l’installer dans l’hélicoptère et d’assister l’opérateur. Particularité des tournages : les images étaient enregistrées sur la K7 en qualité « brute » pour offrir le maximum de latitude au moment de l’étalonnage. « Cela donne une image assez grise, plate, et donc peu flatteuse, forcément frustrante. Mais l’œil s’accoutume très vite à ce rendu transitoire » (Stéphane Azouze).

La plus grande difficulté du tournage en hélicoptère réside toutefois dans la faible autonomie de l’appareil, comme l’explique Dorothée Martin, « le moteur tourne, le carburant est limité, la minute très chère et les possibilités réduites. Quand on sait que l’autonomie d’un hélicoptère est en moyenne de 2 heures, 2 heures 30 maximum, et que les lieux de tournage sont souvent éloignés du point de réapprovisionnement, il reste environ une demi-heure sur place pour tourner les images voulues. Autant dire qu’il faut être le plus précis et le plus efficace possible ».

 

 

 

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